Choisir une assurance moto au tiers ou tous risques est la première grande décision de tout motard, et elle conditionne à la fois votre budget et votre niveau de protection. Entre la formule minimale imposée par la loi et la couverture maximale qui rembourse même vos propres dommages, l’écart de prix comme de garanties peut être considérable. Faut-il payer plus cher pour rouler l’esprit tranquille, ou se contenter du strict nécessaire ? Tout dépend de votre machine, de son âge, de votre profil et de votre usage. Ce guide complet vous explique, point par point, comment arbitrer entre le tiers, le tiers étendu et le tous risques.
Mis à jour le 6 juillet 2026

Assurance moto au tiers ou tous risques : de quoi parle-t-on ?
L’assurance moto au tiers couvre uniquement les dommages que vous causez à autrui, tandis que l’assurance tous risques y ajoute l’indemnisation de vos propres dommages, même quand vous êtes responsable. Entre les deux se glissent des formules intermédiaires, dites « au tiers étendu », qui enrichissent la base légale sans atteindre le prix du tous risques.
Autrement dit, le choix ne se résume pas à un duel entre deux extrêmes : c’est un curseur que vous positionnez selon la valeur de votre deux-roues et votre tolérance au risque financier. Comprendre chaque brique de garantie est donc indispensable avant de signer.
L’assurance moto au tiers : la garantie minimale obligatoire
Rouler sans assurance est interdit : la responsabilité civile (RC) est obligatoire pour tout véhicule terrestre à moteur, moto comprise, en vertu de l’article L211-1 du Code des assurances. C’est précisément ce que couvre la formule « au tiers » : les dommages corporels et matériels que vous infligez aux autres usagers en cas d’accident responsable.
En revanche, cette formule ne rembourse rien de ce qui touche votre moto ni vos blessures si vous êtes en tort. Conduire sans assurance vous expose à une amende forfaitaire de 500 € (pouvant être portée à 3 750 € devant le tribunal), à la suspension du permis et à la confiscation du véhicule, selon la réglementation officielle sur l’obligation d’assurance. Le tiers reste donc le plancher légal en dessous duquel vous ne pouvez pas descendre. Cette obligation d’assurance vise l’ensemble des engins motorisés ; à titre de comparaison, même un engin léger est concerné, comme l’explique notre article sur l’assurance trottinette électrique et ce que dit la loi.
L’assurance moto tous risques : la protection maximale
La formule tous risques ajoute à la responsabilité civile la garantie « dommages tous accidents ». Concrètement, votre moto est indemnisée même lorsque vous êtes responsable, ou en l’absence de tiers identifié : chute seule, glissade sur gravillons, choc contre un obstacle. C’est la couverture la plus complète, et logiquement la plus chère.
Elle inclut le plus souvent :
- les dommages à votre moto, que vous soyez responsable ou non ;
- le vol, l’incendie et les catastrophes naturelles ;
- la garantie du conducteur, qui indemnise vos propres blessures ;
- l’assistance, parfois dès le kilomètre zéro (panne devant chez vous) ;
- la garantie des équipements (casque, blouson, gants) selon les contrats.
Le tous risques prend tout son sens pour une machine récente ou de valeur, dont le remboursement après sinistre justifie une cotisation plus élevée.

Les formules intermédiaires : le tiers étendu
Entre le tiers sec et le tous risques, les assureurs proposent des formules « tiers + » ou « tiers étendu ». Elles conservent la base responsabilité civile et y greffent, à la carte, quelques garanties clés : vol, incendie, bris de glace, catastrophes naturelles, parfois la garantie du conducteur.
C’est souvent le meilleur compromis pour une moto de quelques années, encore assez récente pour mériter une protection contre le vol, mais dont la valeur ne justifie plus le coût d’un tous risques. Vous montez ainsi votre couverture « brique par brique », en ne payant que ce qui vous est utile.
Tableau comparatif : tiers, tiers étendu et tous risques
| Garantie | Au tiers | Tiers étendu | Tous risques |
|---|---|---|---|
| Responsabilité civile | Oui | Oui | Oui |
| Défense pénale et recours | Souvent | Oui | Oui |
| Vol et incendie | Non | En option | Oui |
| Catastrophes naturelles | Non | En option | Oui |
| Garantie du conducteur | En option | En option | Souvent incluse |
| Dommages tous accidents | Non | Non | Oui |
| Prix relatif | € | €€ | €€€ |
Quelles garanties vérifier avant de choisir ?
Au-delà de l’étiquette « tiers » ou « tous risques », ce sont les garanties précises qui font la différence. Avant de signer, examinez :
- La garantie du conducteur : essentielle à moto, elle couvre vos blessures. Vérifiez le plafond d’indemnisation.
- La garantie vol : attention aux exigences (antivol homologué SRA, gravage, stationnement).
- Les équipements : casque et blouson peuvent être remboursés en cas de chute.
- L’assistance : rayon de couverture, remorquage, véhicule de prêt.
- La valeur d’indemnisation : valeur à neuf, valeur de remplacement ou cote Argus.
Une formule tous risques mal calibrée peut valoir moins qu’un tiers étendu bien choisi.
La franchise : le paramètre qui change tout
La franchise est la somme qui reste à votre charge après un sinistre indemnisé. Deux contrats affichant le même prix peuvent cacher des franchises très différentes : c’est un point trop souvent négligé.
On distingue principalement :
- la franchise fixe, un montant en euros défini d’avance ;
- la franchise proportionnelle, un pourcentage du montant des dommages, souvent assorti d’un minimum ;
- la franchise vol, généralement plus élevée que les autres.
Une cotisation basse s’accompagne fréquemment d’une franchise élevée. Faites le calcul : sur une moto de faible valeur, une franchise de 500 € peut rendre la garantie dommages quasi inutile. Prenons un exemple concret : pour une chute sans tiers occasionnant 900 euros de réparation, une franchise de 500 euros ne vous laisse que 400 euros d’indemnisation. Sur une moto d’occasion cotée 1 500 euros, l’intérêt de la garantie dommages devient alors très discutable, et le tiers étendu reprend souvent l’avantage.
Le rôle de la cylindrée dans le prix et le choix
La cylindrée de votre moto pèse lourd dans le tarif. Une 125 cm³ s’assure bien moins cher qu’un roadster de 1 000 cm³, jugé plus puissant, plus rapide et donc plus exposé au risque d’accident et de vol.
Plusieurs seuils comptent : les 50 cm³ (cyclomoteurs), les 125 cm³ accessibles avec le permis A1 ou une formation 7 heures, puis les grosses cylindrées relevant du permis A2 puis A. Plus la cylindrée grimpe, plus le tous risques devient coûteux — mais aussi plus il se justifie, la valeur de la machine étant élevée. Si vous roulez en 125, notre guide dédié à l’assurance scooter 125 : prix, garanties et obligations détaille les spécificités de cette catégorie.
Combien coûte une assurance moto en 2026 ?
Le prix dépend de la cylindrée, du profil du conducteur, de la zone de stationnement et de la formule. Voici des fourchettes indicatives observées sur le marché français :
| Type de moto | Au tiers (par an) | Tous risques (par an) |
|---|---|---|
| Scooter 50 cm³ | 120 à 250 € | 300 à 500 € |
| 125 cm³ | 150 à 350 € | 350 à 650 € |
| Moto A2 (moyenne cylindrée) | 200 à 450 € | 500 à 900 € |
| Grosse cylindrée (+ 800 cm³) | 300 à 600 € | 800 à 1 500 € |
Ces montants ne sont qu’indicatifs : un jeune permis ou un antécédent de sinistres peut faire grimper la note. À l’inverse, un bon coefficient de réduction-majoration (bonus) allège durablement la cotisation.
Tiers ou tous risques : comment trancher selon votre profil
La règle de bon sens tient en une phrase : plus votre moto est récente et chère, plus le tous risques se justifie ; plus elle est ancienne et de faible valeur, plus le tiers (éventuellement étendu au vol) suffit.
Quelques repères pour vous situer :
- Moto neuve ou de moins de 3 ans : le tous risques est vivement conseillé.
- Moto de 3 à 7 ans : un tiers étendu avec vol et conducteur est souvent le meilleur rapport protection/prix.
- Moto ancienne ou de faible valeur : le tiers, complété par la garantie du conducteur, reste raisonnable.
N’oubliez jamais la garantie du conducteur : à moto, le corps est directement exposé, et cette protection est trop souvent sacrifiée pour économiser quelques euros. Le principe d’arbitrage vaut d’ailleurs pour tous les véhicules ; notre guide complet de l’assurance auto applique la même logique de curseur.

Cas particuliers : jeune permis, moto de collection, gros cube
Certains profils appellent une attention spécifique :
- Jeune conducteur / permis récent : cotisations majorées et parfois surprime les premières années. Le tiers étendu peut être un point d’entrée raisonnable avant de basculer en tous risques.
- Moto de collection (souvent plus de 30 ans) : des contrats dédiés, à cotisation réduite, existent sous conditions d’usage limité.
- Grosse cylindrée : valeur élevée et vol fréquent ; le tous risques avec garantie vol renforcée est pertinent.
- Conduite occasionnelle : certains assureurs proposent des formules « petit rouleur » avantageuses.
Adaptez toujours la formule à l’usage réel de la machine, pas à un réflexe « tout ou rien ».
Les pièges à éviter
Plusieurs erreurs coûtent cher au moment du sinistre :
- Négliger la franchise : un tarif bas peut cacher une franchise dissuasive.
- Oublier les conditions de la garantie vol : antivol homologué et stationnement conformes sont souvent exigés.
- Sous-déclarer son usage : une fausse déclaration (kilométrage, stationnement) peut annuler l’indemnisation.
- Débrider sa moto : toute modification non déclarée peut entraîner un refus de prise en charge.
- Zapper la garantie du conducteur : sans elle, vos propres blessures ne sont pas indemnisées si vous êtes responsable.
La prévention reste votre meilleure alliée : la Sécurité routière rappelle que l’équipement et une conduite adaptée réduisent nettement la gravité des accidents à deux-roues.
Comment souscrire et changer d’assurance moto
Pour souscrire, comparez plusieurs devis à garanties équivalentes — c’est le seul moyen de juger un prix. Munissez-vous de la carte grise, de votre permis et de votre relevé d’information (historique de sinistres et bonus-malus).
Côté résiliation, la loi Hamon vous autorise à changer d’assureur à tout moment après la première année de contrat, sans frais ni justificatif ; le nouvel assureur se charge des démarches. Avant cette échéance, la loi Chatel vous protège en imposant un rappel de la date limite de résiliation. Cette souplesse rend la comparaison régulière très rentable : les tarifs moto évoluent vite d’un assureur à l’autre. Un conseil pratique : comparez au moins trois devis à garanties strictement identiques, en vérifiant ligne à ligne les plafonds, les franchises et les exclusions. Deux contrats « tous risques » peuvent en réalité offrir des niveaux de protection très différents pour un tarif voisin. Prenez aussi le temps de lire les conditions générales, notamment les clauses d’exclusion liées au débridage, à l’usage sportif ou au défaut d’antivol, qui sont les principales causes de refus d’indemnisation.
Vidéo : pour aller plus loin
Pour compléter ce guide, voici une vidéo pédagogique qui récapitule les critères de choix d’une assurance moto :
FAQ : vos questions sur l’assurance moto
L’assurance au tiers est-elle vraiment obligatoire pour une moto ?
Oui. La responsabilité civile est obligatoire pour tout deux-roues motorisé, y compris un scooter 50 cm³. Rouler sans assurance est un délit passible d’une amende et de la confiscation du véhicule.
Le tous risques rembourse-t-il si je suis responsable de l’accident ?
Oui, c’est précisément son intérêt : la garantie dommages tous accidents indemnise votre moto même lorsque vous êtes en tort ou en l’absence de tiers, sous déduction de la franchise.
Quelle formule choisir pour une moto de plus de 10 ans ?
Pour une machine ancienne de faible valeur, le tiers ou le tiers étendu (avec vol et garantie du conducteur) est généralement plus rationnel que le tous risques, dont le coût dépasserait vite la valeur de remboursement.
La cylindrée influence-t-elle beaucoup le prix ?
Nettement. Plus la cylindrée est élevée, plus la moto est jugée puissante et exposée au vol : la cotisation, surtout en tous risques, augmente en conséquence.
Puis-je changer d’assurance moto en cours d’année ?
Après un an de contrat, la loi Hamon vous permet de résilier à tout moment, sans frais. Le nouvel assureur effectue les démarches à votre place.
La garantie du conducteur est-elle indispensable ?
Elle est fortement recommandée. À moto, le conducteur est très exposé ; sans cette garantie, vos blessures ne sont pas indemnisées si vous êtes responsable de l’accident.
Conclusion
Choisir entre une assurance moto au tiers ou tous risques revient à équilibrer trois facteurs : la valeur de votre machine, votre budget et votre exposition au risque. Le tiers protège les autres et respecte la loi ; le tiers étendu ajoute les garanties utiles au meilleur coût ; le tous risques offre la tranquillité maximale, justifiée pour une moto récente. Quelle que soit la formule, ne négligez ni la franchise ni la garantie du conducteur, et comparez régulièrement : c’est là que se gagnent les vraies économies.


